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RAID ABS AVENTURE - Auzat (09)

Samedi 12 septembre 2015, pas de grasse matinée. Nous sommes dans les temps. Comme prévu, départ 6h30 de Pescadoires… en route pour les montagnes ariègeoise. Arrivée 9h30 à Auzat (Alt 730 m) ….récupération des clés du gite. Puis, nous allons passer plus de 15 mn à trouver le gymnase pour le retrait des dossards. Ça promet pour la CO du lendemain.

Une fois le dossard et le magnifique beuf en poche nous prenons la route du parc à vélos. On nous annonce 45 mn pour faire l’aller-retour en voiture. En montant, on croise à plusieurs reprises des traçages roses. La pression monte les chemins sont raides. En haut sur le parc à vélo (Alt 1450 m), on discute avec un des organisateurs (Bravo à eux pour leur gentillesse et leur travail). Et là, les premières infos tombent. Le trail annoncé à 10km, va monter, monter, monter… 800 m D+ et le VTT va descendre, descendre …

L’organisateur commence à jouer avec les nerfs de Gilles : la spéléo est au cœur des discussions…

Retour au gymnase. La salade de pâtes est dure à avaler mais il le faut. Il va falloir de l’énergie.

Une fois en tenue …. C’est le briefing puis à 13h30 c’est le départ ! Les 64 équipes sont sur la ligne.

Comme on pouvait s’en douter ça part vite ! On se prend au jeu. 11 - 12 km/h. C’est trop!

Comme d’habitude, je passe le premier kilomètre à régler le GPS. Le début est relativement plat. Mais ça ne dure pas. On attaque vite des gros pourcentages. Tout le monde se met à marcher en file indienne sur le petit chemin de mineur. Très vite, je m’aperçois que Gilles a du mal à suivre le rythme du groupe dans lequel je me trouve. Ce n’est pas grave, on s’entend pour monter chacun à notre rythme. Je suis derrière un gros groupe d’équipes mixtes. Les pentes sont sévères et ne laissent pas de répit. Petit à petit, Gilles rejoint ce groupe.

Il fait chaud, je transpire beaucoup, je bois beaucoup. Mais au bout de 6 à 7 km, je m’aperçois que mon camel back est vide et que je transpire beaucoup de bas du dos !!! Comme au raid du Haut Languedoc, ma poche à eau s’est vidée dans mon dos. Ça n’est pas rassurant.

Le dernier kilomètre est plus facile : un single faux plat descendant… C’est magnifique.

A 50m de l’arrivée, j’attrape mon teeshirt compression pour remplacer mes affaires trempées.

On prend les vélos. 200 m de montée et on attaque la descente. Quelle descente !

Très vite nous dépassons le groupe d’équipes mixtes. Faire une descente sur un tapis de feuilles mortes : un régal ! 30 km/h tout en pilotage… Je m’éclate (sens figuré).

Nous arrivons très vite sur le mur annoncé au briefing. Un portage. La pente est trop raide : impossible de pousser. Il faut porter ! Je ne maitrise pas du tout la technique du portage. J’essaie d’imiter l’équipe O’Bigorre juste devant moi mais je finis la montée avec la marque de la pédale dans le dos.

Les kilomètres défilent doucement. Gilles est là juste derrière. Après une descente très technique, on traverse un torrent (sur un pont) et on rejoint la route pour une montée assez sévère vers un hameau accroché au flan de la montagne. Gilles a un peu de mal mais il tient.

A la sortie du hameau, on entend la sono de l’arrivée. Il nous reste près de 5 km et nous sommes toujours à 1100 m d’altitude (350 au-dessus d’Auzat). Là nous cheminons sur un « single » pendant près de deux kilomètres à flan de colline. A gauche les cailloux, à droite le vide. Ça monte un peu, ça descend un peu.

Là nous faisons connaissance de deux furieux, « les Toulonnais ». Ils viennent de Toulouse et sont frères jumeaux. Il m’est impossible de reconnaître Pierre de Gilles. Nous n’allons pratiquement plus les quitter jusqu’à l’arrivée du dimanche.

Me voilà maintenant accompagné de 2 Gillou !!!

Arrivés dans un nouveau village, nous attaquons une descente super technique et super dangereuse. Gillou n°2 (ou Pierre) se ramassera devant moi sans gravité.

Ici dans les descentes, on ne se repose pas. Il faut rester lucide !

En bas , j’attends Gilles (le miens) avant de faire les 500 derniers mètres avant le ravitaillement.

Boire ! Boire ! Enfin ! Cela fait plus d’une heure que je suis à sec !

On se pose quelques minutes et c’est parti pour le jungle Trail annoncé à 4 km mais on en fera pratiquement 6. Pendant une heure, on va crapahuter : monter, descendre, traverser des friches, des torrents, ramper sous des arbres, grimper sur les rochers, monter les pentes boueuses avec des cordes, traverser 3 petites grottes (passage de Gilles sans problème !)… On talonne « les Toulonnais ». Gilles a du mal mais il tient bon. Arrivés sur les ruines du château de Montréal (Alt 980 m), on entame une descente très pentue. Je vais me retrouver 2 fois sur les fesses. Une dernière petite montée, une petite descente, 150 m de goudron et c’est l’arrivée.

Plus de 4h30… d’efforts - Arrêt du chrono

Gilles a fini sa journée ! On apprend qu’un seul coéquipier sur les deux peut faire la spéléo pour éviter les deux heures de pénalité. Il est sacrément soulagé.

Tenue longue, manche longue, frontale…. C’est parti.

Depuis le pont qui enjambe la rivière de Vicdessos, on me montre l’entrée de l’aven. Je descends dans la rivière et je rentre dans la grotte. J’allume ma lampe et je suis les rubalises blancs. J’ai de l’eau à mi mollet. Au bout de 50 m il me faut passer un muret. Derrière j’ai de l’eau froide à mi-cuisses. Au début, ça fait du bien. Séance de cryothérapie gratuite ! Et j’avance, j’avance, je suis seul. Personne devant, personne derrière. A force ce n’est pas trop rigolo. Je ne vois plus de balise, j’espère ne pas m’être trompé. Le plafond est de moins en moins haut. J’arrive dans une chambre ou m’attend un guide. Comme cela était précisé, l’activité est bien encadrée (je verrai 4 guides au total). Cela fait déjà un quart d’heure que j’avance dans ce trou et ce monsieur (très gentil) m’annonce qu’il me reste 30 mn. Là je décide d’accélérer le pas pour essayer de rattraper les concurrents qui sont devant. Mais très vite, je me retrouve à croupis puis à quatre pattes dans l’eau froide. On remonte une rivière souterraine. Au niveau d’un étranglement, je rattrape un groupe qui progresse lentement. Je ne les lâcherai plus jusqu’à la sortie. Après des traversées de vasques où l’eau arrivait à la taille et des passages à plat ventre où j’étais obligé de retirer le sac à dos, nous sortons du trou en escaladant sur une dizaine de mètres. Fini !

J’avais vu Gilles en panique au Raid du Céou dans un trou de 20 m de long, là, heureusement qu’il est resté dehors

Bilan de la spéléo : 45 mn, 80 m D+ et genoux en vrac d’avoir marché à quatre pattes.

Je rejoins Gilles et nous regagnons le gymnase. Nous sommes 30ème à l’issu de la première journée.

Douche, pasta party, une petite bière et au dodo.

Quel dodo ! Nous partagions le gite avec une équipe qui faisait le gros raid. Bons princes nous leur laissons les lits jumeaux. Ils sont rentrés à 23h et repartis à 3h30.

Oui mais voilà, je me suis retrouvé en haut du lit superposé (certainement un premier prix). Quand le Gillou se grattait, je tanguais ! Bref ! On a dormi au chaud.

Au petit matin, la descente (du lit) a été un peu dure. Mais, très vite nous nous remettons dans l’ambiance : petit dej, dépôt d’un vélo dans un nouveau parc à vélos, brieffing…

9h30 : c’est reparti.

Ca commence par un « sprint » de 300 m. Départ sur la piste d’athlétisme au 100m. Les feuilles de CO sont posées à l’envers au départ du 200. Go !

On réussit une bonne CO. Un bon rythme, pas de « jardinage ». On doit être dans les 15 premières équipes à la fin de cette épreuve. On a déjà fait 6 km pour trouver les 12 balises.

On enchaine très vite sur le bike and run.

Je prends le vélo de Gilles. Je fais le premier kilomètre assez vite. Je pose le vélo et pars à pieds et je suis un petit groupe qui tourne à plus de 10 km/h … c’est encore plat. Au 3eme kilomètre gilles me rattrape et me dépasse et me laisse la bicyclette 300 m plus loin. Je repars pour un relais à vélo. Au bout de 600 ou 700 m. Les circuits Vtt et trail se séparent. Je décide de garder le vélo (je n’aurais peut-etre pas du). Une cote, un vélo « un peu » petit et des vitesses qui ne passent plus ! Je fais plus de 800 m en danseuse. Je pose le vélo où les deux tracés se rejoignent et je pars en courant. Je me sens bien. Et là je vais commettre l’erreur de la journée : essayer de suivre un « Absolu Raid », ce qui se fait de mieux en matière de raid. Je l’ai suivi pratiquement jusqu’à la fin de la portion. Mais je vais le payer très vite.

On part pour la section VTT, le gros morceau de la journée (25km). Le début est roulant. Je suis Gilles en essayant de récupérer de mes efforts. Mais, je ne récupérerai jamais. Pendant 25km, je ne verrai jamais le visage de Gilles ... Je vais garder les fesses de Gilles en lignes de mire

Au bout de 3 km, la côte annoncée au briefing se profile devant nous. 5 km de montée à 10-12% sur un chemin forestier.

Très vite je suis pris par des crampes, je pose pieds à terre et je ne remonterai pratiquement pas sur le vélo de toute la montée. C’est long 5km à côté du vélo. Et les crampes continuaient : les mollets, puis les cuisses, puis les adducteurs… Je n’avais jamais eu ça. Là, on ne pense qu’à une chose : ne pas craquer ! Une fois en haut, je me dis que je vais pouvoir récupérer. Mais les crampes sont toujours là et très vite on plonge dans une descente très pentue et très piégeuse. Tout le monde descend du vélo ! La fin de la descente est beaucoup plus praticable. On avance un peu plus vite. Dans le bas, c’est le ravitaillement ! Je m’accorde 5mn de pause. Gilles trépigne ! Les Toulonnais arrivent au ravitaillement, on repart !

On attaque une bonne cote ! Je vais mieux mais je ne vais pas bien. Les Toulonnais sont avec nous. Les deux Gillou s’excitent mutuellement. Il reste environ 8km. Gilles (le miens) lance la bagarre. Là, je me dis que je vais en « suer ». Après des petites bosses, on attaque le passage du « canal carré » : un canal de 1m50 de large couvert de plaque béton, construit à flanc de colline. A gauche un mur, à droite le ravin et les trois artistes se mettent à rouler comme des sauvages ..20 … 25 km/h sur cette piste sinueuse pendant près de 2 km.. Je les suis à une trentaine de mètres. Puis, on empreinte une route qui plonge dans la vallée d’Auzat. Je les ai perdus de vue mais petit à petit je refais mon retard.

Avec des pointes à plus de 65 km/h je rejoins le groupe et me mets dans la roue de Gilles qui suit les jumeaux. Il reste un kilomètre et demi. A 800 m de l’arrivée les Toulonnais ratent un chemin. Nous les passons. Mais ils ne veulent rien lâcher, ils me redoublent. A 200 m de l’arrivée, alors que les frères mettent pieds à terre dans les deux derniers raspaillous, je reste sur ma machine et les redépasse. Une bonne série d’escaliers à descendre et c’est l’arrivée.

Encore plus de 4h30 d’efforts et une 23ème place au classement final.

Super expérience ! Super Perf ! Bravo Gillou !

Laurent

11 & 12 sept 2015 : Week-end en Ariège avec ABS Aventure

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